dimanche 26 février 2017

Chance S01-E10 (HULU)

.... 1 dixième et dernier épisode un peu en demi-teinte.
Alors que les 9 précédents ont semblé « tourner autour du pot » (dans le bon sens du terme), ces 45 dernières minutes semblent vouloir en finir au plus vite.
Au point de donner l'impression de bâcler l'affaire, si ce n'était un choix dans la manière de raconter cet épilogue qui contredit mon sentiment. Reste qu'une deuxième saison ne semble pas plus à l'ordre du jour.

Et c'est bien dommage tant le duo qu'ont formé le docteur Chance, interprété par Hugh Laurie et D alias Ethan Supplee, s'est révélé riche en potentiel diégétique.

En tout cas, vu la tournure des événements je vais me procurer le roman de Kem Nunn, dont s'inspire la série, et voir s'il ajoute quelque chose à ce que racontait la série mise en chantier par la chaîne HULU. 

(À suivre ....)

mardi 21 février 2017

Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive

.... Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive met en scène dans une réalité mitoyenne (?) : Jean-Pierre Rassam, Claude Berry, Maurice Pialat et Jean-Luc Godard, dans les rôle principaux. 
De sacrés tempéraments dont Christophe Donner donne un instantané entre Mai 68 et Septembre noir au travers d'une histoire captivante, très sombre et très amusante. 

Trois cents pages lues à la vitesse à laquelle Rassam vit sa vie ; à cent à l'heure. 
Si ce dernier ne s'ennuie pas, pas plus que ceux qui gravitent autour de lui d'ailleurs, le style de Donner n'y invite pas non plus. En tout cas personne ne sort indemne de ce roman qui n'entretient pas de différence de nature mais seulement de style avec ce que la presse « people » est capable de faire. Brrrr !! 

dimanche 19 février 2017

Le Bon père (Noah Hawley) Série Noire

.... L'Histoire des Etats-Unis n'est pas avare en assassinats d'hommes politiques.
Noah Hawley, peut-être plus connu de ce côté-ci de l'Atlantique comme créateur & scénariste* de séries télévisées : The Unusuals (Pour en savoir +), Fargo ou plus récemment Legion, une série inspirée d'un personnage de bédé de la Marvelpose ce préalable et en explore les tenants et les aboutissants en un peu plus de 400 pages dans son seul roman à avoir été publié dans l'Hexagone
Le Bon père traduit par Clément Baude pour la Série Noire (2013) utilise - du moins me semble-t-il - un canevas on ne peut plus approprié, celui dit des « 7 étapes du deuil » :

•Le choc
•Le déni
•La colère & le marchandage
•La tristesse
•La résignation
•L'acceptation
•La reconstruction

Avec un dosage et des modalités que je vous laisse découvrir.

Or donc, plutôt loin des atmosphères loufoques de ses réalisations télévisées, Noah Hawley a brodé un thriller extrêmement captivant & anxiogène, et surtout plein de surprises, contrairement à ce que je semble dire en énonçant une sorte de recette prête à l'emploi.
.... Jamais là où je l'attendais, décrivant des personnages qui deviennent instantanément des individus, Noah Hawley a écrit une histoire que je n'ai pratiquement pas lâchée une fois commencée. 

Auteur de 4 autres romans entre 1998 et 2016, la lecture de celui-ci - paru aux U.S.A. en 2012 - me fait regretter qu'ils ne soient pas aussi traduits.

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* Il est aussi annoncé sur une adaptation télévisée de l'excellent (et très étonnant) roman de Kurt Vonnegut Le Berceau du chat ; ce qui semble caractériser, si on ajoute les réalisations qu'on lui connaît déjà, un homme dont les goûts me parlent, si je puis dire.


(À suivre ....)

vendredi 17 février 2017

The Punisher : Hollywood Night

.... Fer de lance des justiciers certifiés 17ème parallèle, fabriqués par l'imaginaire des années 1960-1970, Frank Castle alias le Punisher, est l'avatar number one des représentants d'une longue tradition américaine de l'art de rendre la justice : le vigilante (Pour en savoir +).
Cousin germain de Mack Bolan dit L'Exécuteur, il est cette fois entre les mains du scénariste Nathan Edmondson et du dessinateur Mitch Gerards pour un run d'une vingtaine de numéros, précédant de peu le gros événement marvelien de 2015 : Secret Wars.

.... Le moins qu'on puisse dire c'est que sous la houlette d'Edmondson la violence du Punisher s'exprime ouvertement. Les meurtres de sang froid s'enchaînent de façon explicite, et l'utilisation d'armes lourdes ou d'explosifs apparaît - paradoxalement - comme apaisante. De plus cette violence est communicative, faisant de Los Angeles, le nouveau théâtre d'opération du vigilante numéro un de la Maison des Idées, un champ de bataille qui rappellera des souvenirs douloureux. 

.... Dès le départ Edmondson embraye avec une belle idée, mettre aux trousses de Frank Castle une unité des Forces Spéciales. 
Devenu une proie à son insu le Punisher n'en continue pas moins sa croisade contre la criminalité en s'attaquant ce coup-ci à un cartel sud-américain.
L'atout majeur des vingt numéros est à mes yeux, sans conteste, Mitch Gerards.
Dessinateur, mais aussi encreur et coloriste, Gerards qui réalise aussi de très belles couvertures, est parfois remplacé par certains de ses pairs et alors, la différence se fait - plus ou moins - cruellement sentir.

Et dans ces moments-là le scénario montre aussi ses faiblesses :

•Pauvreté des dialogues
•Complaisance dans la violence
•Scénario très trop basique
•Manque d'humour
•Prosélytisme

En outre plusieurs choix éditoriaux sont contre-intuitifs.
Rien de rédhibitoire dans le strict cadre d'un tel personnage et dans une production mensuelle de grande consommation, mais ce Punisher angelin n'arrive pas vraiment à décoller.
Petite erreur de la traductrice Nicole Duclos,
on parle plus communément d'un étui d'aisselle
Au point que la meilleure idée du scénario (voir supra) est traitée comme on s'y attend. Et qu'il aurait été préférables d'inclure les deux derniers épisodes (#19 & 20) juste avant le 18ème.
Peut-être a-t-il aussi manqué à Edmondson du temps (Secret Wars oblige), car il tente deux percés intéressantes en sous-entendant l'aspect viral de l'entreprise de destruction massive qu'est le PunisherD'abord avec Sam, dont l'évolution est plutôt intéressante, puis avec Tom, sans lendemain

Il se montre aussi très à l'aise avec l'unité des Forces Spéciales lancée aux trousses du Punisher, à qui il consacre d'ailleurs un épisode entier.
.... En définitive Nathan Edmondson & Mitch Gerards (and Co.) offrent au Punisher une parenthèse très « Hollywood Night » (du nom d'un célèbre label de séries télévisées estampillées années 90), à laquelle il n'aurait pas fallu grand chose pour en faire un run plus mémorable. 
Dommage !
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Scénario : 5,97/10 
Dessin : 6 /10 
Appréciation globale Mission accomplie, malgré des tirs amis. 

lundi 13 février 2017

J - 77 (Ben H. Winters)

.... Lire (dans le cas d'espèce), c'est accorder ou pas sa confiance à l'auteur de ce qu'on lit.
Ainsi après 140-150 pages à peu près (/340), j'en étais à me demander si j'allais ou non abandonner Hank Palace à ses turpitudes ?

Cela dit, Ben H. Winters avait eu pour ce deuxième opus de sa trilogie, la bonne idée de ne pas copier l'efficace formule de son premier tome ; mais force m'étais de constater que celle emprunter me paraissait beaucoup moins captivante que la précédente. Quand bien même sa description d'une société pré-apocalyptique valait son pesant de cacahuètes salées.
Un peu moins attractive certes, mais j'avais toutefois en mémoire le brio avec lequel il s'était sorti du labyrinthe qu'il avait lui même échafaudé dans Dernier meurtre avant la fin du monde.
Et ce n'était pas rien !

Bien m'en pris de fétichiser la bonne impression que m'avait laissé son whodunit pré-apocalyptique puisque, passé les 150 pages où j'en étais arriver (à me poser la question qui me vaut d'écrire ce que j'écris), une révélation me sort de ma torpeur ; et avant même que je ne me ressaisisse : un twist en forme de croc-en-jambe m'étale pour le compte.

Sacré Ben (si je peux me permettre), tu as un foutu sens du timing 

Pourvu que ça dure !      

Dr Strange & the Sorcerers Supreme (n°1 à 5) MARVEL

…. À l’instigation de Nick Lowe, l’editor* de l’actuelle série régulière consacrée au Doctor Strange, et faisant immédiatement suite à l’arc intitulé Last Days of Magic**, Robbie Thompson a concocté une série dérivée (spin-off) de celle d’Aaron & Bachalo  : qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lue, réunissant plusieurs « sorciers suprêmes » - appellation chère à la Maison des Idées – qui respecte l’accroche, la tessiture et l’ambiance voulues par Lowe. 

N’oublions pas que les maisons d’édition américaines fonctionnent encore beaucoup sous le régime du travail de commande (work for hire), où le rôle de l’équipe créative (scénariste, dessinateur, encreur, lettreur, coloriste) est de fournir ce que demande l’éditeur via leurs editors
Ces derniers, qui contrôlent le travail & les agendas, mettent en relations scénariste et dessinateur, etc., veillent à la cohérence des histoires dont ils ont la charge (et toutes celles qui sont produites), apportent aussi des idées et une direction générale au scénariste. 
Lequel n’est donc pas forcément à la base de ce qu’il écrit, pas plus qu’il ne décide forcément de la direction que prendra la série qu’il scénarise, et des aléas que rencontreront les personnages. 

On peut d’ailleurs faire un parallèle entre le travail d’un editor aujourd'hui, et celui qu’effectuait Stan Lee – toujours crédité alors du poste de scénariste - avec des dessinateurs comme Kirby ou Ditko lorsqu’il utilisait la « méthode Marvel » dans les années 1960-1970. 
Ces dessinateurs occupaient alors plus vraisemblablement un poste de scénariste/dessinateur, que celui de dessinateur.
…. Robbie Thompson, étoile montante en devenir de l’écurie des scénaristes de la Marvel, réutilise ici une formule élaborée dès les années 1960 pour l’éditeur par le célèbre duo Stan Lee & Jack Kirby.
À l’instar de l’équipe des Vengeurs d’alors, une menace d’envergure contraint plusieurs super-héros (ici ce sont des super-sorciers) à faire alliance, donnant ainsi naissance à une équipe inédite et accessoirement, (mais certainement pas par hasard), à une nouvelle série à suivre (ongoing) : Doctor Strange and the Sorcerers Supreme.

Celle-ci est composée : 

•  de Merlin, des légendes arthuriennes (du moins l'un d'entre eux) 
• du Docteur Strange de la série ripolinée par Jason Aaron & Chris Bachalo 
• de Sir Isaac Newton du S.H.I.E.L.D., un organisme inventé par Jonathan Hickman
• de son serviteur le Mindful One 
• de Wiccan, des Jeunes Vengeurs, devenu le sorcier suprême de l’avenir de la Terre 616 
• de Nina the Conjuror, une sorcière brésilienne dans le genre aventurière intrépide made in années 50 
• de Kushala, une sorcière Apache ; les super-héros « Indiens » sont suffisamment rares dans les pages des comic books pour que cela me réjouisse. Elle est une incarnation de « l’Esprit de la Vengeance » des années 1800. 
• et du « jeune » Ancien, qui deviendra le mentor de Stephen Strange
Un patchwork de personnages connus, plus quelques nouvelles têtes – souvent féminines -, à la croisée de différentes chronologies de la « continuité*** » Marvel.

…. Chaque numéro est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les membres de cette nouvelle équipe (une formule qui a aussi déjà fait ses preuves) au fur et à mesure que se déroule l’aventure concoctée par Thompson, Javier Rodriguez, Alvaro Lopez & Jordie Bellaire. Plus le studio VC's Joe Caramagna au lettrage.
Puis par Nathan Stockman aux dessins, et Tamra Bonvilain aux couleurs (à partir du #5).

Si l’apport de Lowe et Thompson ne compte pas pour rien dans le plaisir que j’ai tiré des 5 premiers numéros de la série, il est clair que c’est d’abord le travail de l’équipe artistique qui m’a enchanté. 
En introduisant de nouveaux personnages au design très réussi : Nina et surtout Kushala, et en utilisant une stylique déjà connue, mais que j’ai toujours beaucoup aimé, pour un autre nouveau venu : le Mindful One, le dessinateur Javier Rodriguez a immédiatement capté mon attention. 
Ses planches, colorisées par Jordie Bellaire & encrées par Alvaro Lopez, ont achevé de me captiver. 
Toujours très lisibles, elles ne s’interdisent ni les effets spectaculaires ni la variété d’un storytelling redoutablement efficace. 
En effet, le scénario de Robbie Thompson s’est révélé bien plus prévisible que la météo, et son intérêt réside essentiellement – à mes yeux - dans le rôle qu’il va donner à chacun, et à la nature des obstacles qu’il va dresser dans la quête qu’il impose à son équipe de « sorciers suprêmes ». 
Rien de répréhensible ni de désagréable non plus, mais pas grand-chose de nouveau sous le soleil de son imagination. Du moins pour l’instant.
…. Si la bédé étasunienne, de surcroît mainstream (autrement dit du courant dominant le marché id est : de super-héros) est le résultat d’un travail d’équipe, chaque lecteur est à même d’apprécier - à l’aune de sa propre idiosyncrasie - l’apport des différentes parties qui composent ce tout.

Et dans le cas des « Sorcerers Supreme », le pool artistique est celui qui fait – à mes yeux - toute la différence entre s’abonner à une série, ou pas.


(À suivre ….)
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* Editor est un poste qui se situe approximativement, entre celui de rédacteur en chef d’un quotidien et celui de directeur de collection d’une maison d’édition. Ce n’est pas ce qu’on appelle communément dans l’Hexagone, un « éditeur ». 
En outre ce poste est à géométrie variable, à la fois dans le temps et selon les maisons d’édition et/ou la trempe de ceux qui occupent ces postes. 

** L’arc complet intitulé Last Days of Magic comprend les numéros 6 à 10 de la série Doctor Strange et deux numéros spéciaux (tie-ins) qui accompagnent l’arc narratif en question :

- Doctor Strange: The Last Days of Magic #1  
- Deadpool: The Last Days of Magic #1. 

Le tout a été publié aux U.S.A. entre mars et juillet 2016. 

*** La continuité ou principe de continuité, n’est pas comme pourrait le laisser entendre ce terme le respect d’une chronologie. Du moins pas seulement. 
C’est aussi le respect d’une cohérence entre toutes les séries publiées par l’éditeur qui consent à en jouer le jeu. Ainsi chaque numéro produit par Marvel (et les péripéties qu’il contient) doit-il – c’est un impératif - pourvoir être lu de manière diachronique et synchronique. Hormis cas particulier(s).

dimanche 12 février 2017

Dernier meurtre avant la fin du monde (SUPER 8 Éditions)

.... L'idée de Ben H. Winters est aussi simple qu'elle est géniale ; suivre une enquête policière dans un monde - qui pourrait être le notre - alors que l'humanité entière sait que sa fin est imminente.
Sachant cela, il apparaît important pour quiconque lit cette enquête, que ce qui peut pousser un homme à en tuer un autre et surtout, à maquiller ce meurtre en suicide (?), doit être à la hauteur du mal qu'il s'est donné pour le faire.
Bien plus que dans une société qui a encore l'avenir devant elle.  
Après avoir lu ce premier tome qui, suivi de deux autres romans, forme une trilogie dont son enquêteur -Hank Palace - est le centre, tient toutes les promesses de son astucieux contexte, subtilement réfléchi (et différent du notre). 

Ben H. Winters y ajoute même une révélation (hénaurme), qui compte tenu de la manière dont il a résolu l'obstacle du mobile de son Dernier meurtre avant la fin du monde, laisse présager quelques pages de lecture très agréables à venir ; approximativement 660 pages, en deux livraisons :

J -77
Impact

Toujours chez SUPER 8 éditions, et traduites par Valérie Le Plouhinec.

Et cerise sur le gâteau, Hank Palace, nous apprend que son livre préféré est Wachmen.  [-_ô]  
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Egalement disponible en poche chez 10/18