mardi 20 février 2018

The New Avengers [Al Ewing & all.]

.... Je crois qu'Al Ewing est un des rares scénaristes à travailler dans le milieu de la bédé américaine de divertissement, qui affirme n'avoir aucun problème avec les « events » qui ponctuent désormais les publications vendues par les deux plus gros éditeurs étasuniens des super-héros. Et si d'aventure vous avez lu certaines des ses histoires, il a dû vous apparaître clairement que son style s'y prêtait, en effet, à merveille.
Si chez Ewing une lecture « premier degré » suffit largement pour apprécier son travail, une bonne provision de Suspension volontaire d'incrédulité© est néanmoins nécessaire. Obligatoire même, comme nous allons le voir !
Une question bien légitime mon cher Hulking
.... La série The New Avengers™, que je viens de lire, en est une bonne illustration. Ses 18 numéros sont un festival de « repentirs », et la plus grande concentration « d'agents triples » (au moins) jamais orchestrée de mémoire de lecteurs. Deux techniques qui caractérisent le style Ewing, ici au meilleur de sa forme.

Scénariste généreux, l'auteur anglais, qui a fait ses premières armes dans les pages de l'hebdomadaire 2000AD [Pour en savoir +], donne d'ailleurs les clés de son algorithme créatif, au travers de ce qui peut être considéré comme son manifeste : un épisode de la série Loki, qu'il a écrite pour l'entreprise Marvel de début 2014 à fin 2015 (17 numéros, auxquels on peut ajouter la mini-série Original Sin : Thor and Loki).

Attendez-vous à l'inattendu

Al Ewing a toujours un univers dans sa manche
.... Parangon des entourloupeurs, la divinité nordique Loki appartient aussi, depuis 1962 au panthéon marvelien, chez qui elle est responsable de rien moins que la réunion des Vengeurs (Avengers™).
Ayant subi une cure de rajeunissement, et l'attention des caméras grâce à Tom Hiddleston, ce personnage est soudain devenu beaucoup plus bankable aux yeux de l'éditeur Marvel. D'où cette série où il joue les premiers rôles* sous la direction d'Al Ewing.

Si je ne perds pas de vue que mon sujet est The New Avengers™, c'est toutefois dans les pages de la série Loki : Agent d'Asgard qu'on retrouvera le code créatif qui décrypte mieux la méthode Ewing, qu'on retrouve peu ou prou sur tous ces travaux américains.
La rétroactivité ou, la transformation de l'énergie narrative
.... La méthode Ewing est toute entière contenue dans cette seule case (supra), dont l'épisode d'où elle est extraite donne par ailleurs une fort brillante démonstration.
Le scénariste à l'instar de Loki (qui pourrait être son totem) est un adepte de la réécriture ; chaque scène, chaque personnage est susceptible sera à un moment ou un autre réinterprété, permettant les rebondissements les plus inattendus, lesquels imprimeront dès lors un nouvelle élan à l'histoire. Ceux qui ont lu la série The Ultimates™ (2016) se rappelleront sûrement le recrutement le plus improbable de l'histoire récente de l'univers 616© au sein de la plus belle copie carbone des Fantastic Four™ qu'il leur été donnée de lire.
Sous-titrage obligatoire
Le culot d'Ewing fait d'ailleurs de cette réécriture l'une des plus belles idées de la Maison qui revendique l'exclusivité d'en avoir. 

L'Ewingvers ou, six degrés de séparation

.... Al Ewing est visiblement un auteur qui s'amuse, et qui construit, petit à petit, une communauté de personnages avec qui il a plaisir à le faire. Si les Ultimates™ tirent pour une raison ou pour une autre leur révérence, qu'à cela ne tienne : l'aventure se poursuit dans Ultimates²™, The New Avengers™ devient U.S Avengers™.
S'il réuni une équipe multi-temporelle pour botter le train à Ultron™, rien de surprenant à ce que les New Avengers™ croisent, tôt ou tard, Danielle Cage™.
.... En définitive, la méthode d'Al Ewing pourrait être celle d'un scénariste utilisant les ficelles les moins acceptables de la culture de masse, elle apparaît tout au contraire à mes yeux comme une stratégie sacrément culottée, efficace & surtout dynamisante, pour un résultat rarement pris en défaut.

Chapeau l'artiste !!!
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*Sous la houlette du scénariste Kieron Gillen, instigateur dudit rajeunissement, Loki avait déjà connu un run mémorable entre mi-2011 et fin 2012, mais c'est cependant la 1er fois qu'il obtient une série à son propre nom.   

dimanche 18 février 2018

Creepy [Kiyoshi Kurosawa]



    Passionnant parcours que celui de Kiyoshi Kurosawa. Passant d’un genre à l’autre avec aisance, d’une commande à une autre sans rien sacrifier des thématiques qui traversent sa filmographie – un goût prononcé pour l’observation du tissu social japonais contemporain couplé à une exploration atypique des genres –, le cinéaste japonais parvient dans un contexte de création difficile à poursuivre une œuvre riche et singulière. Creepy, adapté du roman du même nom de Yutaka Maekawa publié aux Editions d’Est en Ouest, témoigne de cet exercice d’équilibriste en étant autant une radioscopie d’un couple qui se délite qu’un thriller retors empruntant des méandres inattendus dans son cheminement.

Dans cette histoire où Takakura (Hidetoshi Nishijima), ancien enquêteur expert en psychologie criminelle reconvertit dans l’enseignement, emménage avec sa compagne Yasuko (Yuko Takeuchi) pour prendre un nouveau départ, le quotidien va progressivement se dérégler pour le couple au contact de leur étrange voisin Nishino (Teruyuki Kagawa) alors que Takakura se penche dans le cadre de son travail sur la disparition inexpliquée d’une famille survenue quelques années auparavant.


Ce qui laissait présager d’un polar classique à première vue se mue en un terreau fertile nourrissant un film sur l’emprise, parfois à la lisière du fantastique avec en point d’orgue la composition d’une figure amorale dérangeante magnifiquement incarnée par Teruyuki Kagawa, acteur habitué du cinéma de Kurosawa. Dans le creuset de cette thématique, le film charrie son lot idées dérangeantes tel la représentation de corps recroquevillés en position fœtale sous vide, imageant de façon sidérante la vampirisation totale que le parasite opère sur ses victimes, ne laissant dans son sillage que des épaves brisées et vidées de toute vie.

La mise en scène de Creepy est d’une grande élégance, déployant toute une grammaire visuelle d’une précision folle faite de mouvements de caméra discrets à l’instar de ce travelling vertical qui passe en quelques secondes du point de vue de Takakura à une vue aérienne d’un lieu chargé en mystère, de panoramiques ou de plans séquences subtils qui soutiennent les dialogues de manière purement visuelle. L’une des plus belles scènes du film l’illustre lors de l’interrogatoire entre Takakura et la seule rescapée de la famille disparue, qui voit la caméra se mouvoir naturellement au gré des déplacements des personnages et de l’intensité du témoignage, la pièce s’effaçant dans une obscurité qui étreint les protagonistes au fur et à mesure que le récit se fait plus intense et révèle la noirceur sous-jacente des événements passés.


    Bien qu’étant un cinéaste vétéran avec une carrière s’étalant sur plus de trente ans, Kiyoshi Kurosawa ne se départit pas de cette volonté d’expérimenter formellement, de ciseler le cadre et sa composition qui en font un des plus grands réalisateurs en activité. Depuis quelques films, il travaille avec le format cinémascope qu’il emploie dans Creepy à contre-courant de son usage classique puisque Kurosawa profite de ce procédé au rendu large sur grand écran pour filmer des intérieurs exigus, dont le scope brouille la perception de l’espace pour plonger le spectateur dans un cauchemar palpable au cœur de la demeure de Nishino, dont l’enchevêtrement de couloirs et de pièces sordides figure à merveille la psyché troublée du bon voisin.

jeudi 15 février 2018

Wild Blue Yonder [Glénat Comics]

Le titre fait référence à l'hymne de l'Armée de l'air américaine

.... C'est dans le bleu de toute l'immensité que se joue la survie de ce qui reste de l'humanité.

Si l'intrigue n'est pas inédite, pas plus que le contexte post-apocalyptique dans laquelle elle se développe ; au moins est-elle scénarisée avec ce qu'il faut d'habileté pour nous le faire oublier. Aidé en cela par une poignée de personnages qui, s'ils empruntent tous plus ou moins à des stéréotypes, échappent néanmoins à leur déterminisme originel, grâce à une caractérisation au cordeau. 
Au fil des cases ils s'incarnent, laissant une fois leur aventure terminée bien plus de traces dans notre mémoire que ce à quoi on n'aurait pu s'attendre.

.... Une grande partie de l'immersion et de l'empathie dont Wild Blue Yonder se rend coupable tient au travail que l'équipe artistique traduit à chacune des 150 planches du recueil.
Rien n'est laissé au hasard : hachures, trames, modelés, cadrages, storytelling, colorisation ; toute la panoplie disponible est utilisée pour un impact maximum ; le 9ème art poussé dans ses derniers retranchements dans ce qu'il a de plus spectaculaire & visuel, pour aboutir à une bédé en 3 dimensions :
• Curiosité
• Excitation
• Satisfaction
.... En conclusion, cette mini-série publiée en France par l'éditeur Glénat (qui soit dit en passant donne au fur et à mesure une belle épaisseur qualitative à son catalogue comics) qui fait la part belle aux affrontements aériens, et où on reconnaît de lointains descendants à Satanas & Diabolo, n'aurait pu espérer mieux pour les magnifier. Visuellement donc très abouti, Wild Blue Yonder ne se repose néanmoins pas seulement sur ce seul aspect. Quand bien même aurait-il suffit pour combler n'importe quel.le lecteur.rice avide de sensations fortes & distrayantes.

mardi 13 février 2018

Lady Killer [Jones/Rich/Allred] Glénat

Lettrage de Fred Urek
.... Décrire Lady Killer comme l'inversion genrée du thriller criminel certifié années 50 est vrai, mais pas suffisant. Y voir le symptôme d'un zeitgeist pro-féminin n'est certainement pas faux, mais pas plus suffisant.
Ainsi, résumer la bédé créée par Joëlle Jones & Jamie S. Rich à ses apparences, c'est négliger le savoir-faire évident dont elle est le résultat, son ironie socratique, et son élégance. 
Colorisation de Laura Allred
.... Possible variation de Ma Sorcière bien-aimée, série télévisée à laquelle le recueil publié par l'éditeur hexagonal Glénat ne manquera pas de faire penser (du moins, à certains de ses lecteurs), et avec laquelle elle partage plus d'un point commun (le mari naïf, la belle-mère acariâtre, la double vie de l'héroïne, son exemplarité, l'époque, etc.), Lady Killer propose un divertissement certes générique, mais que la pluralité des qualités - perceptibles dès les premières pages - devrait rendre indispensable à tous ceux qui voudront bien me croire sur parole.
Ajoutez-y une préface très pince-sans-rire de Chelsea Cain, excellente scénariste d'un trop bref passage sur la bédé Mockingbird [Pour en savoir +], et par ailleurs autrice de tout aussi excellents thrillers (dont l'un d'entre eux vient d'être adapté en série télévisée [Pour en savoir +]), plus quelques fausses publicité typées fifities, bien que Lady Killer se déroule très précisément en 1962, et vous voilà avec un aperçu partiel de cet ouvrage traduit par Philippe Touboul, qu'il ne tient qu'à vous de compléter en vous y plongeant.  
Vous ne le regretterez pas !
  
(À suivre ....)

vendredi 9 février 2018

Batgirlisation

.... Faisant table rase du passé, Barbara Gordon alias Batgirl, amorce une nouvelle vie et déménage, dés son 35ème numéro (daté de décembre 2014) de l'ère du New 52*, dans le quartier de Burnside, sis Gotham City.
Babs Tarr, Cameron Stewart & Brenden Fletcher

Planet of the Apps

.... Lorsque Barbara Gordon s'installe dans le quartier branché de Burnside, il devient évident qu'elle renoue avec un certain art de vivre que n'aurait pas désavoué le Stan Lee des sixties, lorsque avec ses compères il inventait une nouvelle race de super-héros.
Un retour à la fac plus tard, une coloc, une soirée qui déchire, une gueule de bois et un vol d'ordinateur seront nécessaires pour qu'apparaisse, au bout de 14 pages (sur les vingt de ce trente-cinquième numéro), le célèbre alias masqué de la jeune femme, qui donne son titre à la série.
Un t-shirt estampillé "52" de circonstance

Sorte de copie pas tout à fait carbone d'un Peter Parker girly à l'heure du « big data », Barbara Gordon piège son voleur grâce à un site de rencontre en ligne.

.... Burnside n'a pas volé la hype qui l'entoure, les réputations s'y construisent à coups de selfies, et s'écroulent en moins de 140 caractères, entre un café latte soja moyen et quelques lignes de codes. La vie trépidante qu'y mène la jeune femme n'aura rien à envier à celle de son alter ego masqué. Stimulées qu'elles sont, par un cocktail aventure/humour, qui n'est pas sans rappeler celui qu'offrait André Franquin aux aventures de son groom préféré, et qui n'a toujours rien perdu de son pouvoir rafraîchissant. 
Bédé tout aussi contemporaine que ses personnages, la série éponyme offre en plus de l'immédiateté d'une divertissement qui coche toutes les bonnes les cases, de quoi nous réjouir le cortex préfrontal.
Une belle manière de nous faire partager la mémoire eidétique de Barbara
.... En effet, dès les premières pages, dessinées avec un max d'adjectifs, l'ombre portée d'un sociologue, que nous avions tous pris pour l'un des artistes les plus importants du XXème siècle, se dessine. Chose inouïe, son influence obtient une certification Y2K, avec mention.


(À suivre ....)
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Le New 52 est le nom donné à l'une des nombreuses relances de son univers mainstream, par l'éditeur DC Comics. Nous sommes en ce moment-même dans une nouvelle ère, celle de la Rebirth.

lundi 5 février 2018

Mickey et l'océan perdu [D-P Filippi & S. Camboni]

.... Imaginez un triangle amoureux composé de Jules Verne, H.G. Wells & William Gibson, que croyez-vous qu'il en accoucherait ?
Probablement un scénario tel que celui qu'a concocté Denis-Pierre Filippi, pour Mickey, Minnie, Dingo & Pat Hibulaire, et intitulé Mickey et l'océan perdu.

Sorte de voyage extraordinaire alimenté par un moteur à deux temps : steampunk & cyberpunk, le scénariste plonge - littéralement - ses personnages (et nous avec) dans l'océan du titre pour une raison que je vous laisse découvrir.
En seulement vingt-cinq pages, je lis cette aventure dans l’hebdomadaire le Journal de Mickey, mais il est également commercialisé en album, or donc en 25 pages, le scénariste multiplie les rebondissements dans une fort belle ambiance S-F.
Toute la quincaillerie inhérente aux deux sous-genres cités répond présent, et le souffle de la grande aventure fait tourner les pages à vitesse « grand V ».
Du steampunk 2.0 vous dis-je !!!
Tout aussi captivante que s'annonce cette histoire, elle bénéficie d'un atout de tout premier ordre : le talent artistique de Silvio Camboni. 
Ses planches sont tout simplement magnifiques, une véritable expérience synesthésique, les potars à fond ! Mais attention, quand le son est trop fort, c'est qu'on est devenu trop vieux. 

.... Première satisfaction et non des moindres, il n'y a pas eu de faux départ pour Mickey et l'océan perdu.
Reste à espérer que les deux auteurs en ont gardé sous la semelle, car au vu du premier quart de l'aventure, ça s'annonce maousse costaud !! 
Et sans que cela soit prémédité, la lecture feuilletonnante ajoute encore au plaisir qu'on prend à la lecture. C'en est presque indécent !
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Prochain numéro le 14 février, chez votre marchand de journaux.

FAITH : À la conquête d'Hollywood

.... Inventée à l'aube des années 1990 par Jim Shooter et David Lapham, le premier surtout connu pour avoir été un editor-in-chief très controversé de la Marvel, et le second pour sa série Stray Bullets, Faith Herbert alias Zephyr connaitra un revival, au même titre que ses pairs, sous la houlette de Joshua Dysart et la bannière du nouveau Valiant, quelque vingt-cinq ans plus tard.
Héroïne endomorphe, une rareté dans la population pourtant très nombreuse des super-héros américains, Faith s'est vue octroyer sa propre série, après un galop d'essai de 4 numéros, celui-là même dont je vais parler.

Nanti d'un a priori très positif, je suis de ceux qui pensent que les silhouettes des super-héros et/ou de leur alter ego devraient montrer un peu plus de diversité, j'ai saisis l'exemplaire disponible dans l'une des bibliothèques municipales où j'ai mes entrées, dans l'espoir de passer un bon moment. 

.... Écrites par Jody Houser, les premières pages de la mini-série démarrent sur un quiproquo, qui scelle clairement le pacte de lecture, tout en étant joliment troussé.  
Ces cinq premières pages seront les meilleures du recueil.

En effet, Jody Houser canalise mal les (trop) nombreux monologues intérieurs de sa super-héroïne, à tel point qu'elle ne laisse pas de place à l'empathie que ne manque pourtant pas d'éveiller son personnage principal. Rien de ce que pense Faith ne nous est épargné, à croire que la scénariste craint de perdre ses lecteurs en route.
Ce n'est pourtant pas la complexité de l'intrigue qui risque d'y arriver.
Traduction : Mathieu Auverdin/MAKMA, lettrage : L. Hingray & C. Semal/Studio Myrtille
Cette surcharge textuelle (accentuée par une épidémie d'incontinence verbale qui touche tous les personnages) est d'autant plus inutile que les dessins de Francis Portella sont très kinésiques. Ainsi la page reproduite ci-dessus, bel exemple de récitatifs excédentaires, perd beaucoup de sa puissance évocatrice à cause d'eux. Sans parler (sic) de leur - quasi - inutilité.
Marguerite Sauvage
Marguerite Sauvage (ci-contre) apporte une part de son talent pour quelques scènes, celle où Faith fantasme sur des moments forts de son existence ; l'un des traits de caractère qui font tout le charme de cette sympathique héroïne. Laquelle requiert rien de moins que trois coloriste pour embellir son aventure.

.... Au final Faith, à la conquête d'Hollywood, peine à décoller (sans jeu de mots), à cause d'une intrigue bien trop peu palpitante et d'une scénariste bien trop prolixe.
Toutefois, Jody Houser n'est à mon sens, pas la seule à devoir être blâmée.

Dans le contexte créatif de l'édition étasunienne de bande dessinée, une série appartient à son éditeur (le plus souvent), et celui-ci, via ses editors, contrôle constamment ses publications.   
Le scénario n'échappe bien évidemment pas à cette supervision. 
Tom Brennan et Warren Simons, respectivement editor et editor-in-chief, autrement dit ceux à qui incombent entre autre de faire ce travail, ne l'ont visiblement pas fait.

Ou alors leurs goûts et leurs critères sont pas les miens.